Le casque gamer monte le son

Spatialisation, performances du micro et des haut-parleurs, confort, connectique… Retour sur les améliorations dont a bénéficié le casque gamer au cours des dernières années.

Dans le jeu vidéo, les progrès dans le registre audio sont peut-être moins spectaculaires que ceux touchant aux graphismes et à l’animation 3D, mais ils n’en sont pas moins importants.

« Prenez par exemple la série des Battlefield, pour laquelle les ingénieurs réalisent de véritables enregistrements de tous les équipements militaires déployés dans le jeu, et rappelez-vous des premiers jeux sur Atari où chaque son était produit par un synthétiseur 8 bits » compare Andreas Jessen, chef de produit chez Sennheiser.

Dans les jeux de tir 3D notamment, l’heure n’est plus au bruitage artificiel mais au son naturel, renforçant le réalisme et l’immersion au sein de l’univers représenté par le jeu. Si spatialisation 5.1 voire 7.1 il y a, celle-ci fournit de précieuses indications pour localiser la provenance des sons et repérer les ennemis. Dans les jeux multijoueurs, se coiffer d’un casque micro à même de reproduire de telles nuances est une arme supplémentaire.

A ce titre, la spatialisation constitue l’un des axes de travail des fabricants de casques depuis une quinzaine d’années. Elle peut être accomplie de manière matérielle, à l’aide de transducteurs supplémentaires dédiés à chaque canal sonore. Cette solution donne les meilleurs résultats théoriques, mais se réserve aux modèles haut de gamme, à l’instar du Strix 7.1 d’Asus.

Fabriqué par HyperX, le Cloud Revolver S comporte un micro amovible, avec réduction de bruit, et une fonction de virtualisation 7.1, figurant bien ce que l’on peut attendre d’un casque gamer haut de gamme.

L’alternative logicielle est très majoritaire, car moins coûteuse et éprouvée : il s’agit de la synthèse binaurale qui émule un effet « surround » à partir d’écouteurs stéréo, dans le but de duper le cerveau.  Elle met en œuvre des fonctions mathématiques HRTF (Head Related Transfer Function), qui modélisent la propagation du son suivant de nombreux paramètres morphologiques (conduit auditif, oreille, etc.). Dolby, avec Atmos for Headphones, et DTS, avec Headphone:X, exploitent également ce principe, tout en l’améliorant grâce à leur savoir-faire sur le son 3D.

Inconvénient de cette technique : les algorithmes HRTF (Head Related Transfer Fonction) sous-jacents ne sont pas individualisés et ne prennent pas en compte les caractéristiques morphologiques propres de chaque joueur. Quoi qu’il en soit, cette astuce est assez probante, bien que le sentiment varie beaucoup d’une personne à l’autre.

En ce qui concerne la qualité sonore à proprement parler, le casque gamer hérite des perfectionnements qui ont profité à son cousin, le casque audio à vocation musicale. Citons par exemple la généralisation des aimants en néodyme et la conductivité grandissante du câble en cuivre.

Mais le micro a probablement bénéficié d’une attention supérieure encore, en raison du développement phénoménal du jeu multijoueur qui encourage la communication vocale. Un bon micro est l’assurance que les instructions soient comprises 5 sur 5, ce qui fait une petite différence dans le feu de l’action.

Micro anti-bruit

Dans ce domaine, l’essor du smartphone a joué un rôle positif. « Tous les composants du microphone se sont développés en rapport avec l’industrie du smartphone, confirme Andreas Jessen de Sennheiser, et aujourd’hui vous pouvez obtenir de très bons microphones à des prix raisonnables. »

Pour atténuer le bruit ambiant et privilégier le son de la voix, ces micros peuvent être directionnels. Illustration avec le casque Cloud de HyperX, équipé d’un microphone à directivité cardioïde, principalement sensibles à l’avant donc. Ils sont souvent opposés aux micros omni- et bi-directionnels, qui capteront donc plus que votre voix. Autre accessoire intéressant : la bonnette, qui gomme les bruits de respiration et de souffle.

En parallèle de ces évolutions très techniques, beaucoup d’efforts ont été consentis sur la robustesse, l’ergonomie et le confort, pour que le joueur puisse endurer de longues heures de son loisir favori sans risquer la gêne ou la casse. « Nos casques sont par exemple assortis d’un arceau en acier et d’écouteurs en aluminium, explique Julien Millet, chef de produit EMEA chez HyperX. La matière plastique utilisée auparavant avait tendance à être cassante. » Dans le même ordre d’idée, les cordons sont susceptibles d’être tressés, donc moins sensibles à l’entortillement et aux faux-contacts.

Le GSP600 de Sennheiser est l’une des Rolls-Royce du marché. Il met l’accent sur le confort et la qualité sonore.

Bien que les écouteurs intra-auriculaires existent (en l’occurrence les Aluma de Roccat), les écouteurs circum-auriculaires sont quasi-hégémoniques. Ils n’exercent pas de pression sur le cartilage de l’oreille et ont l’avantage, en supplément, de procurer une bonne isolation passive, pourvu que le casque soit de type fermé (pour plus de détails sur tous ces termes, voir notre article sur les formes et types de casques). Les coussinets contribuent eux aussi à la sensation de confort. Les fabricants font de plus en plus appel aux mousses à mémoire de forme voire aux coussinets interchangeables, tant pour l’usure que pour le choix des matériaux (entre le velours et le similicuir par exemple). S’ajoute parfois un mécanisme pour régler la pression, comme le propose le GSP600 de Sennheiser.

Du jack à quatre contacts

Concernant l’aspect ergonomique et pratique, la plupart des micros peuvent être orientés, relevés, voire rétractés, quand le joueur n’en fait pas l’usage, et certains sont même amovibles. Le casque « gamer » se transforme alors en casque musical, une fois raccordé au smartphone via le connecteur mini-jack 3,5 mm.

À ce propos, la connectique a légèrement changé pour s’adapter aux évolutions matérielles du PC. Le connecteur mini-jack à quatre contacts, par exemple, peut se brancher sur une prise combinée micro/audio, dont la présence s’affirme sur les notebooks en particulier. Deux cordons jack 3/4 contacts ou un adaptateur en Y sont fournis pour répondre à toutes les situations. La compatibilité PS4/Xbox One est envisageable, élément à vérifier pour chaque casque sur le site de Materiel.net.

Réservé au PC voire au Mac, l’USB est quant à lui toujours d’actualité et sert à brancher la mini-carte son externe qui transmet l’effet « surround », le cas échéant. Sinon, c’est aussi le relais des modèles sans fil. On aurait pu croire, les années passant, que le « wireless » finisse par l’emporter, du fait de la liberté qu’il autorise. Mais le poids de la batterie, l’autonomie, les possibles perturbations et surtout le prix supérieur sont des problématiques que tous les joueurs ne sont pas prêts à accepter.

Une chose est certaine : le casque « gamer » va continuer à évoluer, l’avènement de l’eSport tirant vers le haut tous les accessoires PC. Qui plus est, la croissance du marché du jeu vidéo attire de nouveaux acteurs qui cherchent à imposer d’autres idées comme les moteurs à vibration, le RGB, etc. En espérant que ce soit pour le meilleur…

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