Test : Frostpunk, this war is yours

11 bit studios à qui l’on doit l’excellent This War of Mine réalise un jeu de gestion glaciale où les choix éthiques comptent autant que le plaisir comptable d’une ville à l’équilibre. Un jeu captivant, superbe, baignant dans le steampunk, la morosité et les engelures. Avec vapeur et presque sans reproche.

Ce qu’on en pense

Bienvenue dans un XIXe siècle ravagé par une ère glaciaire. Une poignée de survivants s’approche d’un immense générateur dont ils espèrent tirer suffisamment de chaleur pour reconstruire tant bien que mal un semblant de ville. Charbon, acier, bois sont autant de matières à collecter pendant que vous tentez de maintenir une température tenable dans les lieux de vie. Une autre ressource vient à manquer : la force de travail. C’est alors qu’entre en jeu le livre des lois avec à chaque fois une idée qui facilite la vie mais pose un sérieux problème éthique. L’une des premières problématiques est de faire travailler (ou non) les enfants. Voilà qui met tout de suite dans l’ambiance.

La gestion méticuleuse de cet univers glaçant demande une attention constante. Certes le jeu est court, mais il n’y a pas de temps mort.

Frostpunk n’est pas là pour vous faire aimer la vie, mais ses mécaniques et sa rigueur (autant dans son approche que dans son interface) font forte impression. Sa direction artistique remarquable invite à dépasser les premiers échecs pour enfin voir tous les bâtiments baignés d’une chaleur salvatrice. Contempler de nuit ce Transperceneige immobile après être venu à bout des trois scénarios finit par esquisser sur votre visage le sourire du devoir accompli, mais dessine aussi la moue du joueur un peu déçu, taraudé par une question tenant en un mot : déjà ? Il ne faut en effet pas plus d’une quinzaine d’heures pour arriver au terme des trois histoires, et les mêmes causes ayant les mêmes effets, le livre de lois montre quelques limites. Mais pas de quoi jeter un froid, 11 bit studios a réalisé un excellent jeu et promet des scénarios supplémentaires.

Le livre des lois met face à des situations cornéliennes, mais on en fait un peu vite le tour, et puis l’éthique s’oublie au profit du pratique.

Frostpunk côté technique

On pourrait croire que les jeux de gestion, de par leur caractère statique, s’accommodent d’une configuration modeste. Certes, vous ne serez pas obligé d’investir dans notre Gladius pour le faire tourner, mais n’espérez pas le lancer sur un Raspberry Pi ! Notre machine de test désormais surnommée Titine (pour toute la tendresse qu’on lui porte malgré son grand âge) est vite montée dans les tours du fait des effets de fumée et de lumière. Et pourtant, Titine arbore encore fièrement son vieux Core i5 à 3Ghz, 12 Go de RAM, une Geforce 980 ti et un SSD. C’est évidemment parfaitement jouable sur cette configuration, et si la vôtre est un peu moins musclée, le passage par un de nos kits d’évolution est bien suffisant.

L’éditeur conseille l’équivalent d’un Player One comme machine de base (et encore, nous surestimons son prérequis), le Rush est un choix plus avisé pour que le jeu tourne sans sourciller et que les cris de détresse des ouvriers à l’agonie soient le seul bruit qui arrive à vos oreilles.

L’une des subtilités du jeu tient dans l’amélioration efficace de l’arbre technologique avant une prochaine vague de froid.

Le retour des jeux de gestion

Si nous nous amusions il y a peu du fossé que l’on peut trouver (ou pas) entre les jeux PC et consoles, il faut reconnaitre que le genre gestion/stratégie est le pré carré des amoureux du combo souris clavier. Nous recommandons chaudement ce Frostpunk, et une fois fini, il vous restera à égrener un genre dont nous allons voir ici quelques fiers représentants.

Passons outre les indémodables Civilization ou Tropico, pour nous concentrer sur des produits plus exotiques. Surviving Mars garde le côté survie en terrain hostile, mais cette fois sur une autre planète. On guette aussi They Are Billions où des hordes de zombies mettent en péril votre ville. Et puisque l’on évoque des bêtes dangereuses, les dinos de Jurassic World Evolution seront aussi une source de stress, car s’il n’est pas moral de faire travailler des enfants dans Frostpunk, il n’est pas recommandé de les faire boulotter par des T-Rex. Dans la gestion de l’humain, nous conseillons Dead in Vinland, même si nous préférons le jeu dont il s’inspire largement : The Banner Saga. Et enfin un clin d’œil pour le remake à peine dissimulé d’un titre qui nous a tellement amusé lorsque nous étions sur les bancs de l’école : Two Point Hospital. Car oui, tout petit déjà, nous adorions jouer au docteur…