Test Star Wars Battlefront II : beau mais…

Le débat qui a suivi la sortie de Star Wars Battlefront II est particulièrement houleux, entre les loot boxes et les micro transactions, d’où l’intérêt de prendre du recul et d’arriver un peu après la bataille. Nous y avons beaucoup joué, et tout n’est pas négatif, loin de là. Une mise au point s’impose.

Ce qu’on en pense ?

Dice a eu la bonne idée de placer cette histoire du côté de l’Empire. Le joueur incarne Iden Versio, commandant de l’escouade Inferno, vite confrontée à des choix cornéliens.
Nous ne révélerons pas d’informations supplémentaires sur une campagne solo de moins de 6 heures dont seuls les fans de la licence apprécieront la dramaturgie peu inspirée.

Une première critique ? Loin de là, la mythologie Star Wars est selon nous le prétexte à un spectacle généreux et c’est en substance ce que propose Battlefront II. Le moteur parfaitement exploité nous offre des décors beaux à en pleurer. Les combats spatiaux sur les mélodies puisées de l’univers de John Williams et tous les effets sonores tirés des films donnent immanquablement le frisson. Si certaines scènes virent au tir au pigeon tant le niveau de difficulté est léger, on prend part à cette guerre intergalactique avec le regard enjoué et amusé d’un joueur/spectateur. Nous sommes face à du divertissement pop corn, certes avec le cerveau en mode OFF, mais ô combien réussi.

Dice nous offre un florilège de décors tous aussi inspirés les uns que les autres. On en prend constamment plein les yeux.

Côté technique

Le moteur Frostbite n’est pas démesurément gourmand. Ainsi, à l’instar de L’ombre de la guerre chroniqué le mois dernier, notre configuration la plus modeste (Core i5 2.8 Ghz, Geforce GTX 980 Ti, 12 Go de RAM) fait tourner ce Star Wars à 60 fps en 1080p, mode Ultra, avec quelques rares ralentissements.

Si votre PC n’est pas récent, un petit rafraichissement du côté de la carte vidéo et 16 Go de RAM offriront déjà un bon confort. Veillez toutefois à garder une machine homogène ; ne greffez pas une GTX 1080 Ti et 32 Go de RAM à des Core i3 ou i5 vieillissants et poussifs.
Vous préférez sortir l’artillerie lourde ? Les Ghost ou Blackbird sont d’ores et déjà prêts pour les Battlefront III et IV.

Le moteur du jeu est bien exploité et se montre raisonnablement gourmand. DirectX 12 et la résolution dynamique aident à garder une bonne fluidité.

Pour rester dans des tarifs plus serrés, nos Ducky ou Battlebox Essential assurent un framerate remarquable dans les plus hautes définitions. Le support du DirectX 12 et de la résolution dynamique maintiennent un bon taux de rafraichissement quitte à faire levier sur les graphismes. Ainsi, le jeu garde une fluidité à toute épreuve.

Le son influe tellement sur l’ambiance du titre qu’un Sennheiser Game One soutiendra à la fois la bande originale et les exigences des joueurs. Si vous souhaitez rester sous la barre des 100 €, le Siberia 150 est un excellent compromis.

Multijoueurs et autres petits bonus

Évidemment, le sujet est sensible et nous ne pouvons passer à côté du problème des caisses de récompenses. Electronic Arts impose des bonus distribués au hasard de tirage et de longues heures de jeux. Loin de se limiter à des retouches cosmétiques, ces cartes ont une influence plus ou moins marquée sur la puissance des personnages. Impardonnable lorsqu’on vient de se fendre d’un achat.

L’éditeur a tenté de rectifier le tir avec un gel « temporaire » des microtransactions, mais le mal est fait. Les chiffres de ventes ont été divisés par deux à la sortie et le titre est incendié par la communauté. Une juste sanction, mais inutile d’en rajouter et analysons plutôt les conséquences dans le jeu.

On sent clairement un déséquilibre dans la force. Certains adversaires roulent sur les joueurs tant leur niveau et un tirage de cartes favorable jouent en leur faveur. Seulement, il ne s’agit pas de 1 contre 1. Il suffit de livrer bataille du bon côté pour enchainer des victoires, améliorer son rang et accumuler de l’argent virtuel sans effort.

Autre point faible : certaines phases de jeux sont à l’avantage d’une équipe à cause d’un objectif trop difficilement atteignable. Résultat, on se retrouve parfois à la fin d’un match avec un seul adversaire ayant fait des ravages dans vos lignes, mais une partie remportée malgré tout, car votre équipe était repliée dans une forteresse imprenable. « L’humilité apprendre tu dois » dirait Yoda.

Les combats spatiaux sont, selon nous, l’argument majeur de Battlefront II et ce qui nous a poussés à y jouer quotidiennement après avoir bouclé la campagne et les modes arcade.

Mais terminons sur une notion plus simple et plus abstraite : le plaisir.
Battlefront II est aussi beau et nous plonge dans une telle ambiance que l’on n’a pas rechigné à lancer quotidiennement, durant nos 10 jours de test, des joutes en ligne. Mieux encore, le mode Combats spatiaux vaut à lui seul le détour tant les batailles sont épiques et visuellement époustouflantes. Alors certes le jeu n’est pas équilibré et fera rager les fans de multijoueurs, mais cela n’a pas gâché notre plaisir de joueur occasionnel ne cherchant pas à briller dans la communauté ou s’illustrer sur la scène e-sport. La section commerciale d’EA a planté un sabre laser dans le pied de Battlefront II, mais Dice a fait du bon travail.

  • MichelSardou

    À 10 € vos critiques seraient audibles et le ton léger ferait sourire. A 60 € le bout ça vire à la complaisance un peu malsaine même si la démarche est notable.