Test Assassin’s Creed Odyssey : Homer veille

À l’instar de The Witcher 3 ou God Of War, la presse est unanime. Notre philosophie est de se méfier du consensuel, de ne pas chercher la lumière en regardant du mauvais côté de la caverne, dirait Platon. Alors nous avons lancé cette Odyssée plutôt empreint de scepticisme. Et pourtant…

Ce qu’on en pense ?

On ne vous apprendra pas que cet Assassin’s Creed se déroule durant la Grèce antique en pleine guerre du Péloponnèse et qu’il fait suite à un passage réussi en Égypte.
On y incarne, au choix, Alexios ou Kassandra, pris entre les feux d’Athènes et de Sparte. Ubisoft n’a pas caché ses ambitions de donner une orientation jeu de rôle à sa licence et s’en sort à merveille.

Le retour des batailles navales fait notre bonheur. Un jeu en soi où l’on prend plaisir à devenir le roi des mers.

On retrouve le meilleur d’Origins avec en plus une dramaturgie plus intense et des choix de dialogues qui influent réellement sur l’expérience de jeu. L’aptitude au parkour du héros passe au second plan derrière ses capacités de combats et d’infiltration. Un choix judicieux nécessitant un temps d’adaptation pour prendre en main toutes les commandes. Une fois fait, remplir des contrats, tuer des mercenaires, affaiblir quelques notables en les pillant ou en détruisant leurs stocks d’armes est un plaisir dont on ne se lasse pas. Ubisoft a fait un travail de Titan en réinventant sa licence et sait tirer le meilleur de ce que l’on a vu jusque-là en monde ouvert. Pourtant il reste des défauts, un point sur lequel nous revenons à la fin de ce texte.

Côté technique

Notre titine ne va pas tarder à arpenter les champs Élysées (les enfers grecques, pas l’avenue parisienne !) car la GeForce RTX 2080 Ti a scellé son sort ; titine est trop vieille ! Avec sa GTX 980 Ti, 12 Go de RAM, un SSD, et un Core i5 à 3,0 GHz, nous avons tout de même profité d’Assassin’s Creed en 1080p avec les paramètres calés sur Très élevés ou Ultra. Le jeu oscillait alors entre 40 et 50 images par seconde. Un coup d’œil aux températures nous a permis de constater que le processeur peinait plus que la carte vidéo. Si vous profitez d’une configuration équivalente avec un écran synchronisé (FreeSync ou G-Sync), le résultat est déjà sympathique. Titine a peut-être gagné quelques mois de répit, mais une petite mise à jour ne ferait pas de mal.

Des choix en début de partie influent sur l’expérience de jeu. L’affichage à l’écran peut être vide de toute indication ; un vrai RPG !

Le Kit Artine est un bon compromis pour redonner un peu de puissance brute en attendant que les RTX étendent leurs gammes et que les prix soient revus à la baisse. Votre ancienne carte (au moins une 980 Ti pour du full HD, la génération suivante pour des résolutions supérieures) fera largement l’affaire pour 2019.

Si vous n’aimez pas mettre les mains dans le cambouis et repartez de zéro (hors écran), nous conseillons une machine capable de supporter le 4K. Le Nemesis est surpuissant pour les AAA récemment sortis et permet d’envisager confortablement l’avenir. Nos lecteurs les plus passionnés et fortunés (que Zeus les protège, qu’Athéna les apaise) opteront pour le Garuda, dans l’air du temps avec son Core i7, sa RTX 2080 et son SSD NVMe.

Encore un progrès possible ?

Cette Odyssée est tellement couverte de lauriers que l’on se demande s’il est encore possible de progresser ? La réponse est oui.
Il n’est pas question de graphisme. Évidemment, les jeux seront plus beaux à l’avenir, mais le niveau de ces dernières années donne à nos anciens hits une patine qui témoigne de leur époque sans pour autant les rendre moches. Il suffit de relancer des vieilleries comme Mass Effect, Dead Space ou Bioshock pour s’en convaincre.

Se balader dans la Grèce antique est un émerveillement et les équipements des deux personnages sont superbes. Pimp my hero !

En revanche, le monde si vaste d’Assassin’s Creed nous confronte toujours à une IA perfectible et à des comportements de PNJ manquant de cohérence. Dans un titre d’aventure comme God Of War où tout ce qui bouge doit être tué, jamais on ne se confronte à un comportement étrange venant d’une foule ou d’un individu. L’immersion est totale.

Dans des jeux de rôles comme Assassin’s Creed, Witcher 3 ou GTA V, l’illusion du vivant est nécessairement cachée sous une couche de scripts, l’intuitif est dilué dans la mécanique. De plus, la qualité graphique époustouflante d’Assassin’s Creed Odyssey nous rend plus exigeants sur le jeu des acteurs et la richesse d’écriture. En somme, il y a encore des points à travailler, mais Ubisoft a mis la barre très haut avec un épisode qui fera date.