Test : La Terre du Milieu : l’Ombre de la guerre

Trois ans après le dernier jeu vidéo basé sur Le seigneur des anneaux, la franchise revient sur PC. Monolith Production garde dans cette suite de l’Ombre du Mordor le principe de monde ouvert à arpenter avec la dextérité d’un Assassin’s Creed, et un système de combats très « seul contre tous » inspiré de Batman : Arkham. On a vu pire comparaison.

Ce qu’on en pense

Le scénario nous plonge au cœur du Mordor. Vous incarnez Talion un héros revenu d’entre les morts qui, avec l’aide de l’elfe Celebrimbor, doit faire reculer Sauron et ses Nazguls.
Les puristes ne manqueront pas de relever les anachronismes et quelques libertés prises avec l’univers de Tolkien. Peu importe, la narration se dilue dans un plaisir de jeu qui ne s’est pas tari durant notre vingtaine d’heures de test. La maniabilité du héros est l’une des clés du succès. D’abord, vous privilégiez l’infiltration afin de réduire des effectifs ennemis toujours en surnombre. Puis vous repérez quelques objets à enflammer d’une flèche pour envoyer 5 ou 6 Orcs ad patres. Enfin, vous plongez au cœur de la mêlée pour achever la dizaine d’ennemis restants grâce à des contres, des parades et parfois une dose de chance.
Il n’est pas rare, en effet, que Talion frappe au hasard dans la foule enragée et que l’ensemble devienne un peu brouillon. Un système de lock eut été le bienvenu.

Le jeu n’a pas la richesse d’un Witcher 3, par exemple, mais réserve de très beaux moments. Les menus proposent assez de réglages pour le faire tourner sur un large choix de machines.

Le jeu n’a pas la richesse d’un Witcher 3, par exemple, mais réserve de très beaux moments. Les menus proposent assez de réglages pour le faire tourner sur un large choix de machines.

Le succès du jeu tient aussi à ses mécaniques de Nemesis. Une hiérarchie s’établit entre différents leaders Orcs, et votre anneau de pouvoir en rallie quelques-uns à votre cause. Des histoires générées aléatoirement se trament alors entre tous ces guerriers. Trahison, ralliement, défis, humiliation ajoutent un peu de saveur à une trame qui en manquait. Une fois votre armée d’Orcs, Olog-Hai et autres bestioles constituée, vous envoyez ce beau monde à l’assaut de forteresses ennemies dans une séquence de jeu là aussi exaltante.

Shadow of War est un excellent défouloir malheureusement terni à sa sortie par un système de caisses nécessitant des microtransactions. Mettre la main à la poche garantit l’obtention d’objets rares ou de puissants alliés Orcs. Toutefois, rien n’est imposé et quelques heures supplémentaires dans le Mordor suffisent à se passer de cette dispendieuse option. En somme, aucune raison de se priver d’un jeu si agréable à manier !

Les systèmes de coffre et de microtransactions ont fait couler beaucoup d’encre. Sachez qu’il est facile de s’en passer, il suffit de jouer un peu plus longtemps, ce qui n’a rien d’une torture.

Côté technique : notre configuration PC recommandée

Faites de la place et prévenez toute la famille de libérer de la bande passante si vous optez pour du dématérialisé : Shadow Of Mordor pèse 78 Go avec le pack de textures haute résolution. Et c’est sans compter les cinématiques 4K, heureusement facultatives, qui l’alourdissent de 25 Go ! Le moteur de jeu n’est toutefois pas trop gourmand, nul besoin de l’installer sur votre SSD pour gagner en célérité, un bon disque à 7200 trs/min fera l’affaire.

Le menu des réglages présente une jauge virant au rouge si vos choix altèrent l’expérience de jeu. Calez l’anti-aliasing sur TAA, activez le flou cinétique, laissez la résolution en 1080p pour commencer puis passez au fur et à mesure les autres critères sur Haut ou Ultra en gardant un œil sur la jauge.

Sur une « ancienne » configuration (GTX 980 Ti, 12 Go de RAM), le jeu était calé en ultra, il faut toutefois une machine solide pour ajouter le pack de texture HD.

Les choix par défaut n’ont pas nécessité beaucoup de réajustements sur nos ordinateurs de test. Imposez toutefois un framerate (nous conseillons au moins 60 ips) pour une fluidité à toute épreuve. Notre ordinateur Beast suffit à privilégier l’Ultra, enclencher tous les filtres, assurer 60 ips le tout dans une définition de 1080p. La configuration recommandée sur Steam ressemble plus au Headshot X70. Avec une telle puissance, l’UHD, le pack haute définition et les 80 ips (ou plus) essoufflent à peine votre machine !

Multijoueurs et autres petits bonus

Un tel AAA ne peut se passer d’un mode multijoueur. Shadow of War ne propose pas de confrontation directe, toutefois, vous avez vite accès à des Vendettas dont le but est d’assassiner des leaders Orcs ayant triomphé d’autres joueurs en ligne. Ces actions n’ont aucune influence sur le scénario, en revanche vous récoltez de l’équipement légendaire et beaucoup de points d’expérience. Ses missions n’ont rien d’inaccessible, n’hésitez pas à les lancer souvent. Vous attaquerez ensuite, après quelques heures dans le Mordor, les forteresses d’autres joueurs. Outre le plaisir de prolonger une durée de vie déjà conséquente, ça n’a aucun effet sur le déroulement de la partie.

Terminons enfin par le jeu Shadow of War sorti sur iOS et Android. Peu gourmand lui aussi, il tourne sur tablettes Android ou iPad. En revanche, le titre s’embourbe dans les mécaniques free-to-play et une jouabilité répétitive. Il n’est pas désagréable, mais très loin du plaisir pris sur la version PC.