Test et Config PC Battlefield 2042 : « c’était pas ma guerre »

Enthousiasmés par de belles promesses et des vidéos de gameplay dynamiques, nous avons lancé ce Battlefield la fleur au fusil. Le résultat nous a laissé un gout amer malgré un bel hommage aux épisodes précédents et le côté grisant des 128 joueurs lancés à corps perdu sur une même carte. En réalité, on se demande encore à qui s’adresse exactement cet épisode.

Battlefield fait l’impasse sur la campagne solo, ce qui nous ôte déjà une distraction, mais c’est un choix assumé de l’éditeur. Mettons donc cela de côté pour l’instant et décrivons les contours de chaque champ de bataille en multi puisqu’ils sont, c’est le moment de l’écrire, le nerf de la guerre. Le jeu se découpe en trois volets :


– Le All-out Warfare se divise lui-même en 2 modes. En Conquête, les 128 joueurs capturent et gardent différents points stratégiques. Avoir l’ascendant fait chuter le score de l’adversaire jusqu’à le descendre à 0, signe de victoire. La Percée consiste à placer une équipe en attaque et une en défense. Les assaillants ont un nombre de tickets restreint ; s’ils ont tendance à se mettre tout le temps dans la ligne de mire avec un panneau « tirez-ici », leur score arrive à 0 et c’est la défaite.

– Le Hazard Zone, la grande nouveauté du jeu, est le mode qui risque de devenir le plus compétitif. Les escouades composées de 4 personnes doivent récupérer des disques durs disséminés sur la carte et aller à un point d’extraction pour valider la victoire. Cet exercice demande une bonne coordination de vos coéquipiers, ainsi qu’un usage avisé des spécialistes, des types de soldats disposant d’un arsenal spécifique.


Le trailer n’est pas mensonger, il y a bien des moments aussi haletants quand les équipes se coordonnent et que tout ce beau monde se retrouve dans un espace réduit. Mais c’est loin d’être toujours le cas.

– Enfin, Portal est le mode ouvert qui donne une durée de vie gargantuesque au jeu. Chacun est libre de créer ses règles afin que tout le monde s’étripe joyeusement sur des cartes et avec des soldats issus des épisodes précédents. Un gigantesque bac à sable qui gagnera en profondeur au fur et à mesure que la communauté s’emparera de ses outils.

Nous avons lancé le jeu avant sa sortie. Le champ de bataille comptait donc son lot de testeurs, d’influenceurs, de journalistes au niveau très hétérogène, mais aussi des mordus passés par la case préachat et capables de dézinguer une mouche à 100 m aux fusils à lunette. On le ressentait dans les Percées et le Hazard Zone où certains tentaient une coordination alors que d’autres fonçaient bille en tête. Nous n’avons pas été convaincu par le jeu pour des travers que nous décrivons ensuite, mais avant tout nous avons perçu l’envie de Dice d’intégrer des mécaniques grand public sur un titre reconnu pour son exigence. Il rassemble ainsi deux communautés peu poreuses dont chacune pourrait le rejeter pour des raisons propres.


Il sera intéressant de voir comment les passionnés et le développeur font vivre ce 2042, mais Call of Duty et Battlefield finissent par avoir un côté générique qui vire à l’ennui, le tout enrobé ici d’une cool attitude malsaine lorsque les soldats se retrouvent dans le lobby. La campagne solo nous aura manqué, c’est évident, et le multi n’arrivera pas à nous retenir des dizaines d’heures alors que tant de bons titres nous attendent à côté.   

Les événements climatiques en mettent plein les yeux et ajoutent un peu d’aléatoire dans un jeu qui, au départ, était vanté pour sa précision. Cet épisode drague clairement un plus large public.


La configuration minimale pour Battlefield 2042


Dice maitrise son moteur Frostbite et nous en colle plein les mirettes sur quelques coins de cartes ou lors d’événements météorologiques totalement époustouflants. Il n’est toutefois pas rare d’arriver sur des endroits désespérément vides et des intérieurs de bâtiments plus tristes que des hôpitaux. Le jeu souffle ainsi tout le temps le chaud et le froid, et ce n’est pas sa bande-son très oubliable qui va remonter sa cote. La configuration recommandée est un Ryzen 5 ou Core i5 de troisième et sixième génération, 8 Go de RAM et une GeForce GTX 1050 Ti. Le Frostbite pourra en effet maintenir le sacrosaint 60 fps grâce à des réajustements sur les filtres et les niveaux de détails.

Si vous êtes un fidèle lecteur, vous savez que l’on n’hésite pas à conseiller des configurations d’entrée de gamme si le jeu n’en nécessite pas davantage, mais là il faut rentrer dans le musclé si l’on veut à la fois un bon niveau de détail tout en maintenant un framerate proche des 100. Ainsi le Respawn reste le minimum requis pour vous maintenir entre 90 et 120 fps en 1080p grâce à un Ryzen 5, une RTX 3060 Ti, et 16 Go de RAM. 


La configuration maximale qui le rend beau…


Dice recommande un Ryzen 7 ou Core i7, 16 Go de mémoire et une RTX 3060, soit ce que nous avons privilégié pour la minimale. Il en faudra bien plus pour espérer maintenir un framerate au-delà des 100 fps en 2k et en ultra. Une 3080 serait alors recommandée, vous la trouvez dans notre Hypérion, soutenue par un Core i7 11700K et 16 Go de RAM. Pour rester proche des 90 fps en élevé mais à un tarif plus accessible, nous conseillons le Nemesis qui avec son Ryzen 5 5600 X, 16 Go de RAM et une RTX 3070 vous laissera foncer sabre au clair sur les lignes ennemies !

Le mode Portal dans lequel vous créez vos propres règles sur des cartes et avec des soldats issus des opus précédents reste le plus distrayant. Du jeu de tir sympa sans se prendre la tête !

Un champ de bataille ou un capharnaüm ?


Battlefield joué en mode détente est apparemment facile à maitriser. On s’équipe, on coure vers une cible, on tire quand on a la chance de ne pas s’être pris une balle avant. Jusque-là, tout va bien. C’est aussi un triple AAA honnête qui n’a pas à rougir de la partie graphique et offre un sentiment d’immersion grâce à son grand nombre de combattants sur une même map.

Sommes-nous pour autant extatiques ? Loin de là. Si les spécialistes sont une bonne idée, ils ont tendance à se ressembler au point de provoquer un problème de lisibilité. Il faudra donc garder quelques soldats dans la ligne de mire avant de voir à quel camp il appartient, ce qui en plus d’une cassure de rythme peut vous conduire à la mort. Évidemment il y a ces points bleus au-dessus de la tête des bidasses les plus proches. C’est efficace, mais affreusement laid. 


La Hazard Zone nécessite une parfaite coordination de l’équipe. Ne vous avisez pas de vous y lancer avec des inconnus, il y en a toujours un qui sera aux fraises, peut-être vous, si vous ne comprenez ou n’adhérez pas à la décision d’un leader autoproclamé. Quant au portal, c’est un peu la foire d’empoigne regroupant les travers des fps multi (les campeurs, les rookies qui se la jouent en solo, etc.). Cet épisode 2042 n’est pas déplaisant, loin de là, et en tant que testeur « obligé » de nous y adonner, nous y avons tiré un certain plaisir, mais le simple consommateur en nous ne se retrouve ni dans le caractère grand public de certains modes, ni dans son côté guerre totale à 128 joueurs souvent transformé en joyeux bazar (pour rester poli). Il faut toutefois le laisser respirer quelques jours et voir comment la communauté s’en empare.