Le PC moddé, remède à la banalité

Si l’on trouve toujours dans des garages, des petits ateliers ou tout simplement sur le Web des passionnés pour transformer et personnaliser leur ordinateur, le modding PC est depuis un moment « sorti de la cave » comme disait le philosophe Kool Shen. Chacun peut s’y mettre, avec de la patience et de l’huile de coude. Et les sources d’inspiration ne manquent pas, du dernier Computex aux PC Materiel.net !

Véritable temple consacré au hardware PC, la dernière édition du salon Computex, qui s’est tenu à Taïwan début juin, a été une nouvelle fois l’occasion de découvrir des PC moddés jusqu’à l’extrême. Illustration avec Z-Tower, un bloc d’aluminium torsadé de 14 kilos qui se dressait sur le stand d’In Win. Ce fabricant de boîtiers souhaitait visiblement rendre hommage à l’art moderne… et bien sûr attirer les regards. Opération réussie !

Plus loin, Gigabyte montrait un PC semblable à un aquarium, où la carte graphique baignait au milieu des poissons. Un visiteur néophyte aurait du mal à se convaincre que, d’une part, il s’agit bien de PC, tant ils sont méconnaissables. Et que, d’autre part, ces créations insolites sont tout à fait fonctionnelles, à l’instar du PC le plus banal ! Ce n’est pourtant qu’un petit échantillon de l’art du modding.

Présenté par In Win, le PC moddé Z-Tower a fait sensation au dernier salon Computex.

Le modding, dérivé de l’anglais « to mod » (modifier), est une pratique déjà ancienne, qui a commencé au moment où le PC s’est démocratisé dans les foyers, au cours des années 90. Comme nous l’expliquions dans notre article consacré à la discipline et à nos partenaires de Watermod, le modding est aujourd’hui un univers à plusieurs systèmes de l’esthétique à la performance, des particuliers bidouilleurs aux industriels et leurs concours très artistiques.

Quand le modding devient un métier

Le modding s’est fortement développé dans les années 2000-2010. Certains en ont fait une activité à part entière, comme la société Watermod, dont les PC gamer Dusklight et Silverhawk sont vendus chez Materiel.net.

Ces deux PC possèdent indiscutablement un style à part, mais qui reste sage. Point d’excentricités ou d’effets tapageurs : c’est du bel artisanat, la marque de fabrique de Watermod. Interrogé par Materiel.net, Laurent Petitpas, le cofondateur, exprimait sa préférence pour les réalisations « peut-être moins artistiques mais plus concrètes, intégrant du watercooling, de belles choses, de beaux matériaux. »

Le sompteux Dusklight, fruit de la collaboration entre Watermod et Materiel.net.

Ce qui est beau aussi, c’est que chacun peut faire de même dans le but de personnaliser son PC. Le modding symbolise au mieux l’esprit du « do it yourself ». Mais quelles qualités doit-on réunir avant de lancer dans une telle aventure ? Pour schématiser, elles sont au nombre de quatre : de l’imagination, de la persévérance, un certain talent pour bricoler et un peu d’argent devant soi, de façon à pouvoir s’outiller et s’approvisionner en matériaux.

Modding : débuter en douceur

Inspiration et patience sont deux traits de caractère qui hélas ne se commandent pas. Une idée peut venir à tout moment, malgré tout, mais la patience… Par conséquent, on ne saurait trop conseiller de débuter en douceur, par un petit projet. Un modding ambitieux peut prendre des semaines et des semaines, et le découragement guette à chaque erreur.

Le modding impose ensuite quelques aptitudes minimales au bricolage, ne serait-ce que de savoir manier un tournevis, une perceuse ou un fer à souder. De manière générale, il est préférable de se faire la main avec un vieux boîtier, quelques compétences pouvant s’acquérir sur le tas. Cependant, même les plus doués ont généralement besoin de conseils ou d’apprendre un tour de main pour installer un système de watercooling ou pour plaquer du bois sur leur boîtier.

On trouve sur le site Modding.fr de nombreux tutos et ressources pour se lancer dans le grand bain !

En l’absence d’école dédiée, Internet endosse le rôle du professeur et regorge de tutoriels, où les passionnés partagent leur expérience et leur savoir-faire. Le site Modding.fr est l’une des principales références francophones et son forum est riche d’enseignements. Sinon, lors de la dernière Paris Games Week, l’équipe de Watermod, en partenariat avec Materiel.net, avait mis en place des ateliers d’initiation au modding et au watercooling. Cette opportunité d’échanger avec nos experts se représentera à l’avenir 😉

Vient la question de la panoplie du parfait modder. Le Dremel est souvent cité comme un incontournable : muni de ses accessoires, il se transforme en couteau-suisse et permet de couper, de percer, de graver, etc. Selon ce que l’on souhaite accomplir, de nombreux autres outils sont mis à contribution : décapeur, tournevis, scie, limes et on en passe. Le budget grimpant facilement à plusieurs centaines d’euros, l’investissement doit en valoir la peine et ne pas servir qu’un seul projet. Néanmoins, quiconque a déjà bricolé possède normalement une bonne partie des outils nécessaires. Et les fans de modélisme encore plus.

Le Dremel est un outil maniable et polyvalent qui fait le bonheur des modders.

Et l’imprimante 3D ? Elle n’est pas encore très répandue, ce qui peut paraître surprenant, tant son usage est supposé décupler la créativité. Mais selon les pièces, la qualité de la finition n’est pas toujours au rendez-vous, signe que la technologie doit encore mûrir. Quoi qu’il en soit, certains franchissent le pas, comme Maxime, qui nous avait fait part de sa superbe réalisation.

Quant aux matériaux, à peu près tout est envisageable, du plus courant au plus exotique : bois, cuir, tissus, métaux… A l’heure d’Internet, s’approvisionner n’est pas le plus difficile. Et il n’est pas du tout interdit de faire un peu de récup’ à gauche et à droite pour se procurer les composants nécessaires. Que ce soit du neuf ou du recyclage, il faut bien entendu veiller à ne pas faire n’importe quoi. Un PC, même radicalement transformé, n’en reste pas moins un appareil électrique qui chauffe, parfois beaucoup. Un modder inventif, c’est bien, mais s’il est en plus méthodique et précautionneux, c’est encore mieux !