Percer les arcanes de la RAM pour mieux choisir

par Christophe C., chef produit composants et intégration depuis 10ans pour Materiel.net et surtout grand spécialiste du PC devant l’éternel ! Passionné de domotique, de nouvelles technologies bien sûr et de Metal (la musique, pas le matériau, tout le monde n’est pas parfait !!), il vous éclairera régulièrement sur ce blog !

corsair dominator

Sortez les RAM moussaillons on part à la chasse au serpent de mer ! Des choses sur la mémoire vive, il s’en est dit depuis le développement de l’overclocking sur PC. Je précise que cet article se destine avant tout aux néophytes, je ne vais donc pas parler de l’ensemble de types de RAM existants ou ayant existé, il y en aurait trop ! Nous allons donc nous concentrer sur la mémoire vive pour PC, la DDR-SDRAM pour PC de bureau format classique et la SO-DIMM pour PC portable qui fonctionne exactement pareil.

Parler de RAM dans un PC c’est comme parler d’oiseau pour parler de poulet : c’est un peu vague ! Nos PC actuels et mêmes les plus anciens sont équipés de RAM de type DDR-SDRAM. Rien que là, on a un acronyme d’acronyme ! Derrière ces lettres se trouve le terme Double Data Rate Synchronous Dynamic Random Access Memory. Ne convulsez pas tout de suite !

D’un côté, DDR indique qu’à fréquence égale ce type de mémoire double le taux de transfert des lectures/écritures par rapport à de la mémoire SDRAM classique. De l’autre côté, SDRAM indique que la mémoire est de type synchrone, c’est à dire que sa fréquence est synchronisée avec celle du bus système. Cela s’oppose aux mémoires de type asynchrone qui disposent de leur propre horloge mais qui nécessite un petit temps d’attente dû à la synchronisation avec le bus système.

Les différents types de RAM

La DDR-SDRAM est apparu dans nos PCs en 2002 avec le lancement de l’architecture Intel Northwood. Depuis, elle a connu 3 évolutions majeures, qui ont permis de chaque fois d’accroître le débit de données passant d’une plage de 200 à 400 MT/s (megatransfers par seconde) à 2133 à 4200 MT/s.

DDR par Jérôme BLUM

Souvenir, souvenir…

La DDR2-SDRAM est la seconde génération de mémoire DDR. C’est elle qui a introduit les appellations avec débits théoriques, les fameux PC2-6400 PC2-8500 entre autres. Le principe de dénomination est de bien montrer le doublement du débit théorique à fréquence réelle égale. En effet la mémoire DDR2 possède la même fréquence d’horloge que la DDR mais grâce à une fréquence de bus doublée, la mémoire possède un débit théorique lui aussi doublé.

La DDR3-SDRAM. Troisième génération de mémoire DDR. Les premiers PC pouvant utiliser la DDR3 sont arrivés sur le marché fin 2007. La DDR3 fournit un débit deux fois plus important que la DDR2.

La DDR4-SDRAM. Il s’agit de la quatrième et actuelle génération de mémoire DDR. Les premiers PC pouvant utiliser la DDR4 sont arrivés sur le marché pour la fin de 2014. La DDR4 fournit un débit deux fois plus important que la DDR3.

DDR SDRAM Horloge Bus Horloge interne Taux de transfert Voltage DIMM SO-DIMM
Standard (MHz) (MHz) (MT/s) pins pins
DDR 100–200 100–200 200–400 2.5/2.6 184 200
DDR2 200–533.33 100–266.67 400–1066.67 1.8 240 200
DDR3 400–1066.67 100–266.67 800–2133.33 1.5/1.35 240 204
DDR4 1066.67–2133.33 133.33–266.67 2133.33–4266.67 1.05/1.2 288 256

 

La quantité

Là, point de secret, plus il y en a mieux c’est.
Un détail tout de même : passés les 3 Go de RAM il faudra opter pour un système d’exploitation 64 bits, les versions 32 bits étant limitées à 3 Go.

On voit systématiquement s’affronter les raisonnables qui prônent la modération, arguant que passé une certaine quantité cela ne sert plus à rien, et les gourmands qui affirment que plus il y en a mieux c’est.
La réalité est que les usages informatiques sont tellement variés qu’il est compliqué de définir une quantité de mémoire “juste”. Système d’exploitation (Windows, Linux, Mac OS, etc.) usage (bureautique, gaming, virtualisation) et budgets sont à prendre en compte.

Si l’overclocking ne vous intéresse aucunement mieux vaut privilégier la quantité à la fréquence, passée la quantité adaptée à votre utilisation, un excès de mémoire vous permettra toujours de mettre en place un ramdisk par exemple – espace de stockage ultra rapide (encore plus qu’un SSD) mais volatile (une fois l’alimentation coupée les données stockées sont perdues). Cela peut paraître complexe mais de plus en plus de fabricant de cartes mères fournissent un logiciel pour mettre en place un ramdisk simplement.

Pour vous repérer, 4 Go sur une version de Windows récente est une base qui me paraît solide, 8 s’avérant nettement plus confortable surtout si vous êtes amené à faire plusieurs choses en même temps. Si vous avez la possibilité de réutiliser une ancienne barrette de 2 Go, 6 Go seront tout aussi bien.

16 Go vont intéresser les joueurs, certains jeux pouvant s’avérer assez gourmands, comme GTA5 par exemple. En bureautique c’est un peu “overkill” cela dit si vous êtes un crack d’Excel, ou que vous avez de nombreux logiciels en cours d’exécution ça peut aider.
Pour du traitement d’images lourdes, le dessin vectoriel ou encore la 3D c’est encore mieux.

hyperion X80

Pas limité au gaming, notre PC Hyperion X80 embarque 32 Go de DDR4 !

Disposer de 32 Go concerne surtout des usages bien particuliers, comme la virtualisation (création d’espaces de travail, émulation d’autres systèmes d’exploitation au sein d’une machine virtuelle) pour quelqu’un qui aurait besoin d’un ramdisk conséquent. CAO DAO lourdes avec images en RAW par exemple, raytracing, dégradé vectoriel dans tous les sens).

Entendons-nous bien : ces valeurs sont données à titre purement indicatives, c’est avant tout une question de confort. Si jamais vous avez encore 4 Go ou moins la mise à jour de votre mémoire peut rendre votre système plus réactif. Passez de 8 à 16 sera moins significatif et il y a sans doute d’autres composants à mettre à jour avant la RAM, un SSD par exemple

La fréquence

La fréquence joue un rôle clé dans les architectures disposant d’un FSB (front side bus). En gros il s’agit de la liaison qui relie le processeur au northbridge. Il existe encore chez AMD avec l’AM3+, mais a disparu chez Intel avec les processeurs Bloomfield (socket 1366). Dans ces cas-là, une bonne fréquence mémoire permettait de rester le plus synchrone possible avec le bus système et permettait donc de gagner en stabilité en overclocking.
En clair si vous n’overclockez pas, contentez-vous des fréquences supportées par le processeur.

La latence

Aussi appelée timings, c’est souvent la donnée la moins comprise, c’est sans doute aussi celle qui coûte le plus cher ! Les timings sont représentés par une série de 4 nombres qui représente le nombre de cycles d’horloge (pas celle de votre cuisine, celle du processeur) nécessaires pour accéder à une donnée stockée en mémoire vive : on les retrouve sous la forme « 9-9-9-24 » ou encore « 2,5-3-3-6 ». Ces quatre chiffres représentent dans l’ordre :

CAS latency (pour Column Address Strobe latency) : il s’agit du nombre de cycles d’horloge s’écoulant entre l’envoi de la commande de lecture et l’arrivée effective de la donnée. Autrement dit, il s’agit du temps d’accès à une colonne.
RAS Precharge Time (pour Row Address Strobe, noté parfois tRP,) : il s’agit du nombre de cycles d’horloge entre deux instructions RAS, c’est-à-dire entre deux accès à une ligne.
RAS to CAS delay (noté parfois tRCD) : il s’agit du nombre de cycles d’horloge correspondant au temps d’accès d’une ligne à une colonne.
RAS active time (noté parfois tRAS) : il s’agit du nombre de cycles d’horloge correspondant au temps d’accès à une ligne.

Plus ces chiffres sont bas, plus la RAM est performante, mais cela fait tout de suite grimper le prix de la mémoire de plusieurs dizaine d’euros.
Dans les faits à moins d’avoir l’overclocking en ligne de mire, à budget équivalent, optez plutôt pour une fréquence plus élevée avec des timings standards qu’une barrette moins rapide avec des timings plus serrés.

Les canaux

Les cartes mères proposent souvent plusieurs ports pour barrettes mémoires. Et la totalité des contrôleurs mémoires actuels proposent de gérer plusieurs canaux en même temps : deux canaux (Dual Channel) pour la plupart et trois canaux (Triple Channel) pour les cartes mères 1366.

Gérer plusieurs canaux de mémoire en même temps permet de cumuler la bande passante. Il règne parfois une confusion dans l’esprit des gens qui pensent que seuls les kits de deux barrettes sont Dual Channel. Or la gestion des canaux se fait au niveau du contrôleur mémoire et non de la mémoire elle-même. En théorie n’importe quelles barrettes mémoires peuvent fonctionnent en double canal, pour peu qu’elles soient en tous points identiques ! En pratique le plus simple est de repartir sur le même modèle de la même marque.

La tension

Il s’agit simplement de la tension à laquelle les barrettes sont destinées à fonctionner. Ici encore suivez les recommandations des fabricants de cartes mères. Plus la tension est basse, moins les barrettes sont énergivores. Côté overclocking, l’avantage de barrette avec une tension basse est de pouvoir stabiliser un surcadençage de la mémoire par une augmentation du courant.

Pour résumer, à budget égal, privilégiez d’abord la quantité, puis la fréquence et enfin la latence. Le dual channel n’apporte que peu de performances supplémentaires et il vaut mieux partir sur une barrette de 8 Go et pouvoir faire une mise à jour plus tard que de partir sur un kit de 2×4 Go dans l’unique but de bénéficier du dual channel.

Sur Materiel.net, toutes les barrettes mémoires proposées sont des produits provenant de marques réputées. Au niveau qualité, vous pouvez vous attendre au meilleur.

gskill trident rgb

Un dernier critère rentre évidemment en ligne de compte. Si à prix et perfs équivalents vous n’arrivez pas à vous décider, laissez votre cœur parler. Les marques redoublent d’effort pour proposer des barrettes mémoires qui s’harmoniseront au mieux avec le reste de votre PC. Dissipateurs aux looks toujours plus originaux, LED RVB parfois même synchronisables avec les systèmes LED des cartes mères, les choix esthétiques ne manquent pas.