Test Doom Eternal : The Slayer reign in blood*

Si vous n’êtes pas fan de metal et d’orgies sanglantes, peut-être n’avez-vous pas compris le subtil jeu de mots qui se cache dans le titre. Deux indices : surnom du héros et groupe de Thrash. De toute façon, si vous n’êtes pas fan de hardcore et d’hémoglobine, vous vous êtes trompé d’article, et si vous cherchiez des infos sur Animal Crossing qui sort le même jour, vous êtes carrément à l’ouest !

Ce qu’on en pense ?

Cela va en surprendre plus d’un, mais Doom Eternal s’est fendu de quelques lignes de scénario. Il se déroule entre une terre apocalyptique, la planète Mars puis quelques détours par différentes formes d’enfer gavés de monstres avec lesquels il est en général assez rare d’entamer un dialogue.

Dans le fond, Doom garde son ADN : tout ce qui bouge doit être exécuté ! En revanche, la vingtaine d’heures qui vous sépare du mot fin se fera dans des environnements variés, chacun réalisé avec soin, mais surtout dans un moteur de jeu difficile à mettre en défaut. Nous y revenons ensuite. Sa principale qualité reste son gameplay. Dire qu’il s’agit d’un fast FPS est un doux euphémisme, nous le qualifierons davantage de frenetic shooter (c’est rigolo, les étiquettes qui n’ont aucun sens !) grâce à son système de Glory kills encore amélioré.

En effet, votre salut vient de la façon dont vous envoyez les ennemis ad patres. Si vous tirez de loin comme une mauviette, vous allez vite vous retrouver à court de munitions. Le corps à corps est indispensable avec une alternance entre l’éviscération pour que les ennemis vous redonnent quelques points de vie, ou le coup de tronçonneuses pour leur faire cracher des bastos. Dès le premier niveau, on se rend ainsi compte que Doom est plus stratégique que bourrin, avec des monstres chair à canon, dans le sens littéral du terme, puisqu’il faut les réserver au réapprovisionnement, et les monstres durs à cuir(e) dans lesquels il va falloir vider ses chargeurs.

En plus d’être « affreusement » beau et sanglant, d’être bercé par une bande-son du plus bel effet si vous êtes de ceux que l’on croise chaque année au Hellfest, Doom Eternal est donc un titre plus malin qu’il n’y parait, demandant beaucoup de maitrise et de sang-froid. Nous ne mettons pas de notes ici, ça fait bien longtemps que nous avons quitté l’école, mais croyez bien qu’elle eut été très haute si nous l’avions fait !

La bande-annonce résume bien l’ambiance générale du jeu. Outre la direction artistique au poil, elle illustre le hub du héros, les différents glory kills, les phases de plateforme et la frénésie de l’action.

Côté technique

En variant les décors, Bethesda offre une direction artistique et une palette de couleurs bien plus enrichissante que le Doom de 2016. Nul doute que vous aimerez à la fois les décors apocalyptiques, les touches gothiques et ce bestiaire en forme d’hommage à la première génération de Doom.

Mais au-delà de l’aspect visuel en tout point réussi, le plus impressionnant reste l’optimisation du moteur, un sujet que nous avions abordé dans notre article sur Id Software. Côté configuration minimale, l’éditeur conseille un Core i5-2400, 8 Go de mémoire, une GTX 670 ou Radeon 7870. Mouai… Disons que vous arriverez à lancer le jeu… Certes, il est bien optimisé, mais si vous souhaitez jouer ne serait-ce qu’en full HD avec des filtres calés sur élevé tout en gardant un FPS au-dessus des 80 (voire 100 avec des réglages affinés) notre Shaman s’en sortira avec les honneurs.

Dans les paramètres, vous ajustez chaque filtre et constatez en haut de l’écran si votre carte vidéo est susceptible de les supporter. Vous pouvez même afficher en jeu le nombre d’images par seconde.

En revanche, si vous êtes un adepte de la 2K et que vous ne respirez pas sous les 100 ips, mieux vaut viser plus haut que la configuration recommandée par l’éditeur, à savoir un Core i7-3770 ou AMD FX-8350, 8 Go de RAM, et une GTX 970 ou Radeon R9 290. Bien sûr, le jeu tournera grâce à son excellente optimisation, mais chevaucher avec notre PC Valkyrie assure de caler la majorité des filtres en Ultracauchemar et rend justice au moteur du jeu.

Doom en mode plateforme ?

Ajouter des phases de plateforme où il faut envoyer le Doom Slayer s’agripper sur des parois, faire des doubles sauts (en plus du dash) grâce à des poteaux et autres acrobaties nous semblait un pari risqué sur le papier. Id Software prenait le risque de casser le rythme ou tout simplement de se planter avec quelques phases pénibles. Point du tout. L’armure pesante du héros ne l’empêche pas d’avoir une attitude féline, sautant partout dans le décor tout en vidant ses chargeurs avant de retomber sur un ennemi à finir en glory kill ou à la tronçonneuse.

Un saut ne suffira pas à passer par-dessus ce pont cassé. En revanche, vous allez vous agripper sur la partie blanche du pylône de droite (un vrai mur d’escalade), sauter puis arroser l’ennemi en plein vol.

Le jeu est un peu dur à manier pour les néophytes, à cause d’une personnalisation poussée des armes et le nombre de touches nécessaires pour tout exploiter au mieux, mais après deux ou trois heures, lorsque vous avez le gameplay bien en main, vous vous lancez dans des chorégraphies enivrantes aussi bien sur le sol que dans les airs. Doom devient alors un merveilleux balai en « tue-tue ».