Test Jedi Fallen Order : des Jedi, de la Force, et quelques cowboys

À quelques jours d’affilés sont sortis Red Dead Redemption II et Star Wars Jedi : Fallen Order. Nous n’avons pas fait un test « traditionnel » du premier déjà disponible sur console, mais nous avons mis à l’épreuve nos machines sur son moteur. Nous y revenons dans ce papier. Pour le moment, laissons s’exprimer la force.

Ce qu’on en pense ?

Il n’aura échappé à personne qu’Electronic Arts n’est pas retombé du côté obscur de la force en proposant un troisième Battlefront doté d’un modèle économique douteux.

Ce Fallen Order est une expérience solo dans la veine d’un Tomb Raider, d’un Uncharted ou d’un God Of War dont il reprend allégrement les codes. Plus surprenant de la part d’une licence aussi grand public, les combats nécessitent de la maitrise et une bonne lecture des attaques ennemies, en tout cas lorsqu’on ne se retrouve pas dans des endroits trop exigus (au secours la planète Dathomir !). Même le mode histoire, le plus facile, présente un petit défi pour qui n’est pas habitué à ce type de jeux exigeant.

L’histoire, justement, parlons-en. Les personnages sont creux, l’intrigue ennuie, les références sont trop appuyées, les dialogues sont fainéants… vous en voulez encore ? L’écriture n’est décidément pas du côté de la licence Star Wars même si l’on espère que le prochain film nous donnera tort.

Toutefois, Fallen Order se rattrape dans la mise en scène de ses phases d’action et dans les planètes à visiter, toute en verticalité, où il faudra revenir au grès des améliorations du héros pour en révéler tous les secrets.

Plus jouissif encore est le bonheur de se balader avec un sabre laser à la main, la force dans l’autre, et de pouvoir aligner des finish move élégants sur des ennemis qui donnent du fil à retordre pour qui ne maitrise pas le contre et l’esquive. Nos talents de bretteurs ont été mis à rude épreuve, mais l’impression de réellement manipuler un sabre laser est exaltante, tout comme l’on faisait corps avec la hache de Kratos dans God Of War. Fallen Order n’est pas un grand jeu, mais c’est une distraction que l’on exécute en une vingtaine d’heures sans se lasser, alors qu’il faut moins de deux heures aux derniers films pour nous ennuyer…

Les versions console de Fallen Order souffrent de clipping et de chutes de framerate. Sur PC, la synchronisation limite les dégâts, dans l’ensemble le jeu est beau est très fluide jusqu’en 2K.

Côté technique


Avant d’en venir à notre ressenti face à Red Dead II, exprimons les quelques émotions éprouvées devant ce Star Wars.

Electronic Arts ne pouvant rien refuser à Respawn, le moteur utilisé n’est pas le Frostbite, mais l’Unreal Engine 4 (appartenant à Epic, on le rappelle). Le studio le maitrise parfaitement, et si les décors sont inégaux, on a souvent à faire à des panoramas d’une grande beauté dont l’ampleur impressionne. Et pour envoyer une petite balle dans le mollet de Rockstar, ajoutons que la direction artistique compte décidément autant que la puissance brute et ce Fallen Order nous a envoyé des moments de grâce digne de RDR2 sans pour autant mettre à genoux nos configurations.

Le titre compte toutefois son lot de maladresses avec de rares chutes de framerate, et des soucis dans l’animation des visages. Venons-en aux configurations conseillées. La minimum est un Core i3, 8 Go de RAM et une GTX 650. Un peu faiblard à notre gout. Pour jouer dans les meilleures conditions en 1080p, nous conseillons davantage la Beast, aucun compromis ne sera fait sur les filtres. Pour profiter du 2K, en revanche, il va falloir voir un peu plus grand, plutôt quelque chose d’équivalent au Midnight. Et pour la 4K ? Passons un moment du côté du Far West !

Pas besoin de monter dans les hautes résolutions quand la DA est belle, cette capture provient d’un réglage Epic (tous filtres activés) en 1080P, ça reste un régal pour les yeux, et du repos pour le GPU.

Les éditeurs en veulent à nos configs !


Nous évoquions il y a peu notre ressenti à la sortie de la Paris Games Week. La génération de jeux actuelle ne semblait pas pouvoir menacer nos configurations, trop concentrée à pouvoir encore tourner sur des consoles vieillissantes. C’était sans compter sur l’assurance de Rockstar, capable de nous sortir un titre tournant sur PS4, Xbox One et nécessitant un avion de chasse sur PC. Alors, précisons d’abord que le jeu est bien optimisé… une fois qu’il tourne. Il est surtout le premier à nous avoir donné une idée du standard de la prochaine génération.

Sur certaines phases, RDR2 atteint un photoréalisme impressionnant tout en gardant une profondeur de champ qui laisse pantois et met sur le banc de touche les versions consoles. Mais loin de nous l’idée de relancer la guéguerre PC Vs le reste du monde, car là les arguments vont plutôt du côté des consoles. Déjà, il faut une machine de guerre pour en profiter. La 4K à un framerate raisonnable (60 fps constant) sera tout juste atteignable avec un Blackbird si vous prenez le temps de désactiver quelques filtres. Cette définition est à oublier selon nous, mieux vaut se concentrer sur le WQHD et commencer à plonger le nez dans le menu où s’entassent des tonnes de paramètres. Mais que tout cela est pénible… encore un argument pour nos amis sur console ! Heureusement le site Gamesdebate a pris le temps de calculer le rapport puissance/résultat à l’écran. Une page à ajouter dans vos signets.

RDR2 devient sans conteste notre nouveau référent.

Ce qui rapproche le plus Fallen Order de RDR2, avouons-le, c’est leur date de sortie.

Le jeu de Rockstar est un monde ouvert, une aventure gigantesque, là où Fallen Order est plus cloisonné et court. On peut toutefois trouver des similitudes sur leur gourmandise lorsqu’on dépasse le 1080p. Le Jedi s’en sort mieux avec plus de 60 FPS sur du 2K avec tous les filtres calés sur Epic du moment que l’on dispose d’une carte RTX ou d’une GTX 1080 Ti, mais oubliez la 4K si vous souhaitez rester constamment au-dessus des 60 FPS.

La multiplicité de nos configurations invite les éditeurs à ne pas trop mettre de limites à leur moteur et compter sur notre aptitude à faire les réglages selon nos machines. Et le serpent continue à se mordre la queue sur les AAA. Toujours plus beaux, ils nécessitent des machines toujours plus puissantes pour qui veut en tirer la substantifique moelle. Penser de temps à autre à repasser en 1080p, ça détendra votre configuration et vos nerfs !