Test Death Stranding sur PC : la mort vous guette

Il ne fallait pas moins qu’un 14 juillet pour célébrer la sortie de Death Stranding sur PC. Et ne dites surtout pas à Kojima qu’il y a eu des feux d’artifice en France, il va croire que c’était en son honneur ! Nous ne boudons toutefois pas notre plaisir de lancer un titre si singulier et de voir tourner sur nos machines le Decima engine.

Ce qu’on en pense…

On raille la mégalomanie de Kojima, mais nous sommes clients de son talent et de son univers. Aussi notre ressenti face à ce jeu baroque est forcément biaisé par une certaine fascination pour un auteur hors norme, c’est important de le souligner. Revenons-en à l’histoire. Sam Porteur Bridges transite de dépôt en dépôt pour amener des ressources à une population terrée dans des abris. Il prend le risque de parcourir un monde post apocalyptique hanté par le Death Stranding, sorte de lien étroit entre le monde des vivants et celui des morts. Des âmes errent sur le parcours du héros, aux côtés de pluie provoquant un vieillissement accéléré et d’autres plaies montrant combien nous sommes dans un monde chargé de symboles. Le jeu revêt aussi une dimension sociale puisque lors de vos pérégrinations dans des décors désertiques, vous trouvez quelques traces d’autres joueurs pour vous guider dans votre progression.

Il faut s’habituer aux lenteurs du jeu et au climat malsain, tout comme un film de Winding Refn (Drive, Only God forgives…), ami de Mads Mikkelsen, acteur du jeu, mais en bien moins gore

On souffre aux côtés de Norman Reedus et l’on s’extasie devant le génial Mads Mikkelsen dont la carrière cinématographique commencée avec Nicolas Winding Refn trouve un écho dans les récits cryptiques de Kojima.
L’analyse de Death Stranding mériterait un roman, notamment pour expliquer combien la narration dans le jeu vidéo est encore loin d’égaler celle du cinéma ou de la littérature (hormis quelques exceptions), à cause de son format au long cours. On pourrait aussi ergoter sur la répétitivité, ou le manque d’auteurs emblématiques dans cette industrie… On vous encourage à échanger dans les commentaires sur les qualités du jeu, au moins aussi nombreuses que ses défauts, ce qui lui a valu un accueil mitigé lors de sa sortie. Nous nous contenterons ici de quelques mots : c’est une expérience que nous n’oublierons jamais.

Une configuration… apocalyptique

La version PC brille avant tout par sa fluidité. Un PC milieu de gamme peut afficher un beau rendu en 1080p, mais il faut de la puissance pour en tirer la substantifique moelle dans de hautes résolutions.

Qu’on se le dise, après quelques tests de jeux peu gourmands, nous sortons cette fois l’artillerie lourde. La config minimale pour du 30 ips est un Intel Core i5, Ou Ryzen 5, 8 Go de RAM et une GeForce GTX 1050 Ti. Il y a fort à parier que votre machine sera à la peine. La recommandée est un Core i7 ou Ryzen 5, 16 Go de RAM, et une GeForce GTX 1060 ou Radeon RX 590. Voilà qui est déjà plus cohérent. Toutefois pour du 60 ips constant dans des résolutions plus hautes et bénéficier du DLSS 2.0, une carte RTX est la condition sine qua non. Aussi, notre Airstrike avec son core i5 10600k, une RTX 2060 super et 16 Go de RAM, ou mieux encore notre Carnage avec un Core i7 10700K accompagné d’une RTX 2070 Super et de 16 Go de RAM, seront les modèles tout confort pour du 4K à 60 ips. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si nous vous offrons Death Stranding avec ces configurations jusqu’au 29/07.

Une version bien adaptée au PC

Premier avantage du PC, et non des moindres au regard de la dimension contemplative du jeu ; la compatibilité avec les écrans ultra larges. Ainsi, les missions seront transcendées sur des moniteurs tels que le Samsung C49RG90, ou l’Asus Rog Strix XG49VQ. Le jeu bénéficie aussi d’une profondeur de champ plus étendue et d’un niveau de détails accru. Les menus permettent d’activer l’occlusion ambiante, de renforcer la netteté, d’appliquer différents filtres. Le jeu s’adapte très bien à votre matériel. Le nombre d’images par seconde largement revu à la hausse sur les grosses configurations fait que Sam répond beaucoup mieux aux sollicitations du joueur. Le combo clavier/souris s’en sort très bien, avec un ZQSD pour avancer et les deux boutons de la souris pour régler son équilibre. Si vous préférez la manette, l’ergonomie est proche de la version PS4. Le retour à la souris est toutefois plus pratique lors des retours dans le hub. Pas conséquent ; Souris/Clavier ou Manette ? Tout à la fois, si vous en avez l’opportunité.

La version PC comporte quelques skins, des musiques supplémentaires pour cette magnifique BO, ainsi qu’un artbook numérique. Pas de quoi relancer l’aventure si vous avez fait le jeu sur console.

Le salut dans le DLSS 2.0

Nvidia va bientôt présenter sa prochaine génération de cartes vidéo, mais il suffit de voir ce que peut apporter le DLSS 2.0 pour comprendre qu’au-delà la puissance brute, une optimisation logicielle est capable de miracle. Ce procédé utilisant l’intelligence artificielle pour rehausser la définition ne rend pas nécessairement les jeux plus beaux, mais leur confère une plus grande fluidité. Ainsi En 1440p le jeu atteint allégrement les 100 ips. Le 60 ips de la 4K serait impossible à maintenir sans ce coup de pouce logiciel.
Cette optimisation en dit long sur l’avenir de nos machines, mais aussi celui des consoles. La next gen embarque certes un matériel plus puissant que la précédente, mais c’est avant tout l’optimisation logicielle qui affichera sur nos téléviseurs les belles promesses de Sony et Microsoft. Des promesses qui, en définitive, n’ont peut-être pas été faites sur le sable.