Test Devil May Cry 5 : Dante sort de l’ombre

Le premier Devil May Cry est pour nous un magnifique souvenir. D’abord des visuels époustouflants découverts dans Famitsu puis une prise en main faite de chorégraphies qui n’avaient rien à envier aux films de John Woo ou Tsui Hark. Un choc en 2001 dont un retrouve la saveur 18 ans plus tard.

Ce qu’on en pense ?

Après quelques errances et un reboot sympathique en 2013, Dante vient nous jouer une Divine Comédie totalement décomplexée et assume pleinement un côté série B ponctué de combats de haute volée. Il est accompagné de Néro et V, deux personnages offrant chacun une jouabilité différente sans qu’aucune ne déçoive. Nous adressons une mention spéciale à V, ado vaguement goth taillé dans un moule à gaufre, capable d’invoquer des démons pendant que lui garde ses distances et ne s’approche que pour donner le coup de grâce. Surprenant, mais totalement jouissif.

Devil May Cry déroule ainsi son bestiaire répugnant durant une vingtaine de missions où l’on se replonge à chaque fois avec plaisir pour découvrir de nouvelles idées de gameplay et parfaire la prise en main des trois héros. Aller au bout du niveau n’est d’ailleurs pas une fin en soi, l’important est de le faire avec élégance. On se surprend à trouver un gout amer à la victoire si on n’y a pas mis les formes et on y imagine comment améliorer sa performance au cours d’un second run. C’est aussi une des forces de ce DMC 5, dérouler une seule fois son scénario ne suffit pas. Vous aurez encore envie d’en découdre au terme des 20 niveaux, et retournerez à coup sûr dans l’arène pour faire plus beau, plus vite, plus fort. Encore une franche réussite pour Capcom qui décidément ne cesse de nous enchanter depuis le succès, l’année dernière, de son Monster Hunter. Cette société que l’on imaginait moribonde aurait-elle, elle aussi, fait ses petits arrangements avec le diable ?

Le jeu se passe souvent sous terre, aussi les extérieurs permettent de souffler un peu et sont généralement magnifiques.

Côté technique

Nous l’avions retrouvé récemment dans notre test de Resident Evil 2, le RE Engine fait toujours des merveilles. Les animations des personnages et leurs expressions faciales tellement plus justes qu’un Metro Exodus resplendissent sur nos moniteurs, même sur les configurations les plus modestes.

La minimale demandée par l’éditeur est en dessous de l’un de nos modèles d’entrée de gamme, à savoir le Viper avec son Core i5, 8 Go de RAM, et un SSD de 120 Go. Vous pourrez donc le faire tourner avec des configurations anciennes si vous n’exigez pas que le jeu ne descende jamais sous la barre des 60 ips. La version recommandée se rapproche davantage du PC French Monster Challenger. Les 60 ips minimum sont déjà garanties et le jeu en met plein les yeux.

Capcom proposait un Core i7, mais dans ce cas, nous conseillons une montée en gamme au niveau de la carte vidéo et d’aller directement vers les modèles RTX, comme dans notre configuration Werewolf. Évidemment, une bonne manette s’impose.

Une jouabilité au cordeau

Amis PCiste, est-il utile de souligner que vous allez devoir abandonner le sacrosaint duo souris/clavier ? Chaque personnage à une panoplie de coups demandant une bonne gymnastique des doigts pour être exécutés avec justesse. Néro, amputé d’un bras, se dote des Devil Breakers pour atomiser les ennemis ou passer de la distance au corps à corps à l’aide d’un grappin. Les combos se déroulent alors aussi bien dans les airs que sur terre et peuvent se répéter sans cesse si l’on se montre assez agile.

Vous rencontrerez des boss de toutes les tailles. Celui-ci est particulièrement impressionnant, mais plutôt facile à envoyer ad patres.

V est le prince de l’esquive, il peut même lire pendant que ses invocations attaquent, ce qui évidemment se fait par votre bon soin en utilisant trois gâchettes et trois boutons (en plus des directions). Là encore, c’est un coup de main à prendre. Enfin, Dante dispose d’un arsenal conséquent que l’on fait virevolter à l’aide des gâchettes afin de composer des combos de folie lorsqu’on est en plein état de grâce. Il sera sans aucun doute le personnage préféré des virtuoses de la manette qui ne manqueront pas de partager leur exploit en vidéo et nous filer des complexes. Mais peu importe, le jeu s’adresse à tout le monde. Même un joueur peu habitué à la manette lancera quelques saignantes chorégraphies dont il sera le premier surpris. Chacun à son niveau trouve son plaisir à incarner un trio déjanté que nous ne sommes pas près d’oublier.