Test Resident Evil 2 : vous en voulez en gore ?

Le rapport au vivant est dans l’ADN de Resident Evil. Lorsque les morts ne retrouvent pas une seconde jeunesse, ce sont les épisodes qui se réincarnent. Après un volume 7 en tout point terrifiant, Capcom rend hommage à l’un des meilleurs moments de sa série survival horror avec ce nouveau Resident Evil 2 sur PC.

Ce qu’on en pense ?

En 1998, sur PlayStation, les couloirs infestés de zombies du commissariat de Raccoon City nous rappelaient combien Shinji Mikami, le développeur de Resident Evil, avait merveilleusement réinterprété Alone in the Dark (rendons à César…).

Deux décennies plus tard, nous incarnons de nouveau Claire Redfield et Leon Kennedy largement embellis par le RE Engine. Fini les décors statiques et les angoisses issues du hors champ comme dans un film de Jacques Tourneur. Ici, les inspirations sont davantage du côté de Georges Romero avec une vue passée en TPS dans des environnements 3D, des zombies que l’on « désemtripaille » avec une précision chirurgicale et un stress permanent, même si l’on n’atteint pas la terreur qu’engendrait Resident Evil 7 (qui explorait un autre niveau de frisson).

La topographie des lieux revue pour l’occasion ainsi que quelques énigmes finement repensées apportent du sang neuf à cette nouvelle mouture. Toutefois il reste quelques incohérences. La plus marquante tient dans ces deux histoires à vivre à travers chaque héros dans deux linéarités parallèles. Vous êtes ainsi obligés de refaire quelques actions en dépit du bon sens puisque Claire et Leon évoluent dans le même intervalle espace et temps. Quelques joueurs reprocheront aussi son côté old school sur certaines mécaniques, mais c’est selon nous la force de ce RE : savoir reprendre une recette du passé et lui ajouter une saveur plus moderne, même si celle-ci laisse un gout de sang dans la bouche…

Le jeu est flippant et gore, mais beaucoup moins que Resident Evil 7. Nous avons été saisis par quelques « jump scares », mais jamais l’ambiance n’est malaisante, et c’est tant mieux.

Côté technique

Nous avons testé Resident Evil 2 sur une configuration équivalente à celle recommandée par Capcom. Le RE Engine, très réussi, est en définitive peu gourmand. Le PC French Monster Challenger doté de son Core i5, 16 Go de RAM, un SSD de 500 Go, une GTX 1060 avec 6 Go de mémoire vidéo oscillait entre 50 fps et 60 fps (nous l’avons capé à ce nombre de frames) selon le niveau de détail et la résolution choisis (1080p ou 1440p). Il n’en faut pas plus pour se régaler d’un moteur fluide, bien qu’un peu trop huileux sur certaines textures.

On apprécie surtout le menu des paramètres vidéo, à la fois riche et explicite, même pour les néophytes. Vous trouverez à coup sûr le réglage qui correspond à votre configuration et vos attentes. Si vous êtes plus gourmand au niveau du framerate et que vous désirez une machine tournée vers l’avenir, le PC French Monster Epic avec sa RTX 2060 est un choix avisé. Mais Resident Evil est avant tout un jeu d’ambiance, et on ne saurait trop vous conseiller de craquer pour un bon casque tel que l’HyperX Cloud Alpha ou l’Asus Rog Delta Core si votre budget est plus limité.

Le RE engine fait des merveilles, le jeu est d’une grande beauté sur PC et ne rame jamais. Il rend parfaitement hommage à l’ancien, tout en offrant un visuel résolument moderne.

Peut-on oublier le passé ?

Retrouver le commissariat de Raccoon city ne fut que joie et frayeurs mélangées. Mais qu’en serait-il si nous n’avions pas déjà joué à Resident Evil 2 dans le passé ? Notre objectivité a forcément été altérée par ce plaisir à redécouvrir un souvenir sublimé par cette retouche cosmétique de haut vol.

On ne peut lui coller l’étiquette rétro réservée à ceux qui le lancent sur la PlayStation, ce RE est plutôt délicieusement vintage.

Son système d’énigmes dignes d’un tapis d’éveil et ses mécaniques un peu vieillottes ne vont-elles pas faire fuir les nouveaux venus ? Et puis, sérieusement : quel commissariat planque des pièces dans des statues que l’on déverrouille avec des roues décorées de signes astrologiques, quand bien même il s’agit d’un ancien musée ? Et pourquoi embellir les lieux avec des plantes antalgiques ? Cette jouabilité surannée, Capcom a, selon nous, bien fait de la garder. C’est un clin d’œil adressé aux anciens, et en définitive des mécaniques assez claires pour être digérées par les petits nouveaux sans casser un rythme qui vous tient à cran du début à la fin. En somme, malgré quelques menus défauts, nous l’avons adoré.

Et nous nous sommes dits que vous l’adoreriez sûrement aussi : alors pour vous récompenser d’avoir lu ce test et d’être fidèle au MatBlog, nous vous proposons de gagner une clé pour goûter à votre tour au retour de l’horreur. Pour tenter de la gagner, il suffit de mettre un commentaire sur cet article et nous tirerons au sort le gagnant parmi les participants lundi 11 février ! À vous de jouer maintenant.